CO129-214 - Public Offices & Others - 1883 — Page 264

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16 Mai (CHAMBRE)

battre un Gouvernement qu'ils voudraient, au contraire, pouvoir soutenir.

DÉBATS PARLEMENTAIRES

à

Année 1888

Année 1883

kcang-Bi....... »

DÉBATS PARLEMENTAIRES

une erreur.

M. le rapporteur. Ce n'a pas toujours été

M. Georges Perin. Je crois qu'il vous sera très difficile d'établir que le grand mouvement d'affaires à Haï-Phong, est fait par les Français; je dirai même que nous aurons grand peine à y supplanter, par notre commerce, les Anglais qui y sont établis depuis longtemps.

même de la première expédition au Tonkin.

kin a été une entreprise nefaste, et que nous en supportons aujourd'hui les conséquences.

Même en supposant que nous puissions donc, messieurs, je viens aujourd'hui demander à la Chambre de réfléchir, et au Gouvernement de ne pas entrer dans cette voie unique de tous les produits d'échange dans l'extrême Orient, auxquelles je suis aussi sensible qu'il y ait abdication pour cet officier de grande valeur, ce grand voyageur, parce que je crois que, aujourd'hui encore, il ne faut pas aller plus loin que nous avons été, par le Gouvernement, par le ministre de la marine, qui permettait au Journal officiel de déclarer, alors que cet officier était mort glorieusement au service de la France, que la cause de nos difficultés était que M. Francis Garnier avait probablement outrepassé les ordres qui lui avaient été donnés.

Je roove, en outre et c'est ici le second côté de ma discussion, que nous pouvons ne pas aller plus loin que nous avons été, par le Gouvernement, par le ministre de la marine, qui permettait au Journal officiel de déclarer, alors que cet officier était mort glorieusement au service de la France, que la cause de nos difficultés était que M. Francis Garnier avait probablement outrepassé les ordres qui lui avaient été donnés.

Pour moi, j'ai déjà eu occasion de rendre hommage à cet officier de grande valeur, ce grand voyageur; je l'ai fait à une époque où qui que ce soit, il y a un autre point de vue à considérer, celui de nos intérêts réels, qui seront toujours avantageux, ou seront même glorieux, matériels, de prospérité coloniale; c'est ce point que j'ai à m'expliquer et je ferai en quelques mots.

L'opinion publique a été trompée et elle a été trompée sur cette question de la prise de possession du Tonkin, qu'on la présente comme une terre promise, où tout est au moins des doutes et des doutes très sérieux.

Mais laissons, si vous voulez, de côté cette question et venons-en aux faits.

On dit ensuite: il faut ouvrir des débouchés au commerce et fournir un aliment à notre marine marchande.

D'un seul mot je montrerai que, là encore, il y a une illusion.

Ouvrir des débouchés au commerce! Mais le jour où nous serions complètement maîtres du Tonkin, croyez-vous que le commerce français saurait s'y créer des débouchés, et croyez-vous qu'il aurait fait le jour-là ce qu'il n'a pas su faire dans la Cochinchine, ce qu'il n'a pas su faire encore à Haï-Phong où nous sommes, où rien ne l'empêchait d'agir et de se créer des débouchés?

M. Paul Bert, Lesquels ? Quel est votre système ?

M. Georges Perin. Mon système, je l'ai déjà exposé il y a deux ans et malheureusement sans succès.

Mais les faits nouveaux qui se sont produits ont donné raison à ce que je disais, et c'est ce qui me fait un devoir de la répéter aujourd'hui, du moins en partie.

Je ne viens pas vous proposer d'abandonner purement et simplement le Tonkin, ce qui pourtant - soit dit en passant - pourrait se faire sans mettre en péril notre colonie de la Basse-Cochinchine, sinon diminuer momentanément, je le veux bien, le prestige de la France dans l'extrême Orient.

A une certaine époque, on a dit, dans la commission du budget et ailleurs, que, si nous nous retirions du Tonkin, nous serions à bref délai obligés d'abandonner la basse Cochinchine.

A quoi l'amiral Jaureguiberry répondait, nos collègues de la commission doivent s'en souvenir et les procès-verbaux de la commission en font foi, l'amiral Jaureguiberry répondait que cela n'était pas soutenable, qu'il y a 250 lieues de distance entre la basse Cochinchine et le Tonkin et que l'abandon des quelques points que nous occupions au Tonkin ne modifierait en rien notre situation dans la basse Cochinchine.

Je reconnais, messieurs, que, si nous nous retirions purement et simplement du Tonkin, notre prestige dans l'extrême Orient pourrait en être un peu amoindri, et ce n'est certes pas cela que je viens proposer à la Chambre.

Mais, avant de faire connaître le moyen terme qui, je le crois, serait de nature à sauvegarder tous les intérêts, je pense qu'il est nécessaire, vu la grande importance donnée par le rapport à ce côté de la question, je pense qu'il est nécessaire de montrer comment cette question est devenue aujourd'hui une de celles qui préoccupent le plus le pays.

M. Paul Bert. On a été odieux pour lui et pour ses compagnons !

M. Georges Perin. A cette époque, en 1873, j'ai protesté et j'ai dit: Il y a quelqu'un qui a outrepassé les ordres qu'il avait reçus, mais ce n'est pas l'homme qui est mort, qui a eu le tort de mourir; car, s'il eût été vivant, il aurait su se défendre, ce n'est pas Francis Garnier, c'est l'amiral Dupré.

M. le rapporteur. Qui est mort aussi, M. Georges Perin !

Il est mort, je le sais, mais je puis répéter ce que j'ai déjà dit quand il était en vie: L'amiral Dupré aurait dû passer en conseil de guerre, parce qu'il avait enfreint ouvertement les ordres de son chef, le ministre de la marine.

J'ai là le texte même de la dépêche qu'au mois de juillet 1873 M. le ministre de la marine envoyait à l'amiral Dupré et dans laquelle il lui disait: Sous aucun prétexte, pour quelque raison que ce soit, n'engagez pas la France au Tonkin.

Le ministre d'alors faisait valoir des motifs sur lesquels je ne reviendrai pas; il suffit, pour les deviner, de se rappeler que, en 1873, on était bien près de 1870.

L'amiral Dupré n'a pas tenu compte de cette dépêche; il a donné des ordres à M. Francis Garnier, qui, lui, devait les exécuter, et j'estime que ce n'est pas sur ce dernier qu'on aurait dû faire retomber la responsabilité des événements graves qui sont survenus et qui ont eu pour conséquence de nous faire abandonner le pays dans des conditions déplorables, je le reconnais, et cependant, pour mon compte, je ne reproche pas au gouvernement d'alors de ne pas être resté au Tonkin.

Et que ceux de mes honorables collègues de l'Assemblée nationale qui aujourd'hui sont au banc ministériel me permettent de le leur dire: puisque dans leur exposé des motifs, ils paraissent faire même un crime au gouvernement d'alors de n'avoir pas été en avant, de n'avoir pas tout au moins maintenu notre occupation, ils auraient dû formuler leurs critiques autrefois, lorsque le traité de 1874 a été discuté.

Il ne faut rien exagérer cependant.

Lorsque nous discutions dernièrement la question si grave des récidivistes, M. le ministre de l'intérieur disait avec raison que certains cahiers électrons réclamaient cette loi; mais je ne sache pas que, dans aucun cahier, sauf peut-être dans celui de M. Blancsubé, on trouve formulée cette demande de la solution de la question du Tonkin par la prise de possession ou par un protectorat effectif de ce pays.

Leurs s'en soient préoccupés.

Mais je reconnais que, si les électeurs n'ont pas donné un mandat formel, à cet égard, à leurs commettants, il y a une opinion publique qui s'est formée, dont le Gouvernement peut avoir à cœur de tenir compte, et je ne me dissimule nullement que, si le Gouvernement acceptait ma solution, il aurait peut-être à remonter le courant de l'opinion publique; mais c'est un devoir pour lui, si l'opinion publique a été égarée.

Or, selon moi, l'opinion publique a été égarée par deux raisons: d'abord, par une raison extrêmement louable et que je respecte, par une raison de sentiment, et ensuite par une raison d'intérêt mal compris.

La raison de sentiment, c'est l'histoire de Francis Garnier.

Ceci dit pour la partie historique, je crois que ce nom de Francis Garnier, qui apparaît entouré d'une auréole de gloire et de dévouement à son pays, les journaux s'en sont servis, comme ils avaient le droit de le faire, pour entraîner l'opinion publique; mais nous devons examiner les choses plus froidement, et après avoir rendu hommage à ce citoyen, à cet officier de très grand mérite, nous n'en devons pas moins examiner impartialement la ligne politique qu'il a suivie dans l'extrême Orient.

M. le rapporteur. C'est une erreur; il est vrai que cela n'a pas toujours été une erreur.

M. Georges Perin. M. le rapporteur me coupe la parole, mais je continue.

On ne parle plus aujourd'hui, dans l'exposé des motifs et dans le rapport de M. Blancsubé, du fleuve Rouge et des grands avantages pécuniaires que nous en pouvons retirer.

Et cela est si vrai que les gens sérieux disent: Le jour où nous serons maîtres du Tonkin, nous suppléerons à l'insuffisance du fleuve par un chemin de fer.

le président. Vous répondrez, mon rapporteur, mais n'interrompez pas.

M. Georges Perin. Cette considération est laissée un peu de côté, et avec raison: c'est que ce fleuve est peu navigable.

Vous savez qu'à cet égard les renseignements les plus positifs, les plus authentiques ont été fournis par M. Tardieu, dans un rapport que le Gouvernement a bien voulu me communiquer, et qui dit à cet égard:

Si on recherche dans quelles proportions les divers pavillons ont pris part au mouvement maritime, on trouve que le pavillon anglais couvre 35 p. 100 du tonnage total; le pavillon américain 20 p. 100; le pavillon chinois 23,5 p. 100, par ses vapeurs seulement, sans compter les jonques; le pavillon allemand 11 p. 100; le pavillon hollandais, 5,5 p. 100; le pavillon français 5 p. 100.

Dans la saison des hautes eaux, des courants de foudre; à l'époque de l'étiage, des bas-fonds et des rapides; en tout temps le manque de sécurité, au milieu de ces forêts habitées par des peuplades à demi-indépendantes; et enfin les avanies que les fonctionnaires annamites, ou les bandes d'aventuriers à la solde du gouvernement, font subir au commerce.

La navigation française tient, jusqu'à présent, une trop faible place; encore ne l'occupe-t-elle que grâce aux voyages du vapeur subventionné par l'administration de la Cochinchine française.

Voulez-vous me permettre de vous donner l'avis de M. Tardieu, qui a été et qui est encore, je crois, un fonctionnaire du Gouvernement, et qui a été chef d'affaires à Hai-Phong ?

M. le rapporteur. Il a été mis à la retraite !

M. Georges Perin. En tout cas, il a été consul à Haï-Phong.

M. Tardieu, dans un rapport que le Gouvernement a bien voulu me communiquer, dit à cet égard:

La navigation française tient, jusqu'à présent, une trop faible place; encore ne l'occupe-t-elle que grâce aux voyages du vapeur subventionné par l'administration de la Cochinchine française.

Et alors il envisage le manque de sécurité résultant des Pavillons noirs.

Je reconnais que l'honorable collègue M. Blancsubé, qui a une grande autorité dans cette question, me dit que c'est une erreur.

Pour moi, je trouve que M. Francis Garnier s'est trompé, que l'entreprise du Tonkin a été une erreur.

Singapore, et qui sont actuellement en possession du commerce - brali possidentes, c'est vous - vous ne les débusquerez pas de cette situation, sans établir un régime de protection, ce que, du reste, vous ne voulez ou ne pouvez pas faire.

Je crois donc que vous ne créerez pas de débouchés à notre commerce, je crois que vous ne fournirez pas un aliment à notre marine marchande.

J'arrive à la question des mines.

Tout à l'heure, M. le ministre des affaires étrangères vous a montré à quel point le Gouvernement se préoccupait de cette question, puisqu'il a dit qu'un des motifs pour lesquels il n'avait pas voulu accepter le traité de M. Bourée, c'est qu'il cédait à la Chine la partie du Tonkin la plus riche peut-être en mines.

Je parle des mines de charbon, car dans une carte qui nous a été donnée tout à l'heure et que tous mes collègues ont entre les mains, des mines considérables, des mines argentifères, aurifères sont indiquées dans une autre partie du pays.

Je dois reconnaître que le Tonkin est un des pays miniers les plus riches du monde.

Je vois sur un point de cette carte: Mines d'or et d'argent; sur un autre point encore, mines d'or, mines d'argent.

Et enfin, messieurs, notez ceci : grosses pépites d'or.

M. le comte de Douville-Maillefen. Dans une région inexplorée ! (On rit.)

M. Georges Perin. Grosses pépites d'or ! Ceci rappelle tout à fait l'Eldorado de Voltaire, où il n'y avait qu'à se baisser pour ramasser des cailloux qui étaient des diamants et de la terre qui était de l'or.

Voilà donc un pays extrêmement riche en mines, et je comprends qu'on veuille les exploiter.

A cet égard, je voudrais faire une seule observation.

On a regretté, - le Gouvernement a pu le voir et le lire dans divers journaux, que des promesses de concessions aient déjà été faites.

M. Jules Ferry, président du conseil. Quelles promesses ? Qui a fait des promesses ?

M. Georges Perin. Je dis que ce bruit a couru...

M. le président du conseil. On a dit une chose qui n'est pas exacte; cela arrive souvent du reste.

M. Georges Perin. Je suis heureux, et c'est un peu pour cela que j'ai soulevé la question, de vous avoir fourni, monsieur le président du conseil, l'occasion de déclarer qu'on n'avait fait aucune promesse de cette nature.

Je souhaite qu'on indemnise M. Dupuis qui, probablement, a droit à une indemnité.

Un membre au centre. La Chambre l'a jugé.

M. Georges Perin. Mais j'ai regretté que, ce jour-là, une parole semblable ait été prononcée à la tribune.

Je crois qu'il ne doit pas y avoir de promesses faites à l'avance.

Si nous prenons le Tonkin, où l'on trouve des pépites d'or à fleur de terre, je voudrais qu'il fût entendu que vous ne donnerez la concession des mines que par une loi.

Je sais que vous avez le droit de le faire par un décret, mais pourquoi ne pas faire aux colonies ce qui se fait en France.

En ne faisant la concession que par une loi, la question se trouverait discutée devant la Chambre, et ainsi aucune accusation malveillante ne pourra se produire.

Doit-on prendre un pays parce qu'il renferme des richesses minières ? (Sourires. Très bien ! très bien !)

Vous avez des mines en maints endroits, dans des pays dont vous êtes possesseurs.

Je ne parlerai pas de la Guyane, où les mines sont inexploitées; mais dans l'extrême Orient, au Cambodge, il existe des mines extrêmement riches.

Sur cette carte, on aurait pu indiquer les mines d'or du Cambodge: on pourrait les exploiter.

En prenant le Tonkin uniquement pour ses mines, vous vous engageriez dans une aventure dont les avantages ne compenseraient pas les inconvénients.

Mais enfin, messieurs, on dit qu'il n'y a pas d'hésitation possible, et on veut rassurer la Chambre qui, avec raison, se préoccupe des finances de la France, sur l'importance des dépenses.

Le Gouvernement le comprend; il nous demande de débourser 5 millions seulement, et il ajoute aussitôt : Le pays où nous voulons aller pourra largement compenser les dépenses que nous aurons à faire.

Le Tonkin fournit 18 millions d'impôts que l'on pourrait sans trop faire crier le contribuable, porter à 30 millions.

M. le rapporteur a été plus loin; il a parlé de 80 à 100 millions.

Prenons le chiffre de 30 millions, c'est celui, je crois, que M. le ministre de la marine a donné à la commission du budget.

Et l'on dit: Ces 30 millions suffiront à toutes les dépenses: 10 millions pour l'expédition proprement dite, 5 millions pour les menues frais; on donnera 5 ou 10 millions au pauvre Tu-Duc qui, ainsi, ne sera pas trop pauvre.

A ce prix, dit-on, nous posséderons le pays.

Eh bien, franchement, quand on nous propose d'aller nous établir dans un pays et qu'on nous dit, en mettant tout au mieux, que ce pays payera tous les frais de la guerre, on nous demande tout simplement de mettre la population tonkinoise en régie.

Voilà, je crois, comment les choses doivent s'appeler.

Je crois, moi, que nous avons mieux à faire.

J'estime que nous devons développer par d'autres moyens notre prospérité coloniale et je voudrais l'asseoir sur une autre base.

Quelques membres. Laquelle ? Quel est votre système ?

M. Georges Perin. On me dit : Quel est votre système ? Je vais vous le dire dans un instant.

Aujourd'hui la question est posée nettement.

Il n'est plus permis de croire qu'on s'établira au Tonkin avec une compagnie, comme cela a été dit.

Si nous prenons le Tonkin, l'honorable M. Blancsubé pourra réclamer une grande part de gloire.

Il est de ceux qui ont le plus poussé le pays vers cette entreprise, et qui ont le plus contribué à y entraîner l'opinion publique.

Voici ce qu'il a dit le 30 mars 1881, devant la société académique Indo-Chinoise.

(M. Blancsubé fait un signe de dénégation.)

C'est dans le Bulletin de la société académique Indo-Chinoise que je trouve la complète reconstitution de cette conférence.

Si ce n'est pas à cette société que vous l'avez faite, c'est peut-être au boulevard des Capucines.

M. le rapporteur. A quelle époque ?

M. Georges Perin. Le 30 mars 1881.

Voici ce que vous avez dit :

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14 Mai

(CHAMBRE)

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Même en supposant que nous puissions donc, messieurs, je viens aujourd'hui demander à la Chambre de réfléchir, et au Gouvernement de ne pas entrer dans cette voie unique de tous les produits d'échange dans l'extrême Orient, auxquelles je suis aussi sensible qu'il y ait abdication pour cet officier de grande valeur, ce grand voyageur, parce que je crois que, aujourd'hui encore, il ne faut pas aller plus loin que nous avons été, par le Gouvernement, par le ministre de la marine, qui permettait au Journal officiel de déclarer, alors que cet officier était mort glorieusement au service de la France, que la cause de nos difficultés était que M. Francis Garnier avait probablement outrepassé les ordres qui lui avaient été donnés. Je roove, en outre et c'est ici le second côté de ma discussion, que nous pouvons ne pas aller plus loin que nous avons été, par le Gouvernement, par le ministre de la marine, qui permettait au Journal officiel de déclarer, alors que cet officier était mort glorieusement au service de la France, que la cause de nos difficultés était que M. Francis Garnier avait probablement outrepassé les ordres qui lui avaient été donnés. Pour moi, j'ai déjà eu occasion de rendre hommage à cet officier de grande valeur, ce grand voyageur; je l'ai fait à une époque qui que ce soit, il y a un autre point de vue à considérer, celui de nos intérêts réels, qui seront toujours avantageux, ou seront même glorieux, matériels, de prospérité coloniale; c'est ce point que j'ai à m'expliquer et je ferai en quelques mots. L'opinion publique a été trompée et elle a été trompée sur cette question de la prise de possession du Tonkin, qu'on la présente comme une terre promise, tout est au moins des doutes et des doutes très sérieux. Mais laissons, si vous voulez, de côté cette question et venons-en aux faits. On dit ensuite: il faut ouvrir des débouchés au commerce et fournir un aliment à notre marine marchande. D'un seul mot je montrerai que, encore, il y a une illusion. Ouvrir des débouchés au commerce! Mais le jour nous serions complètement maîtres du Tonkin, croyez-vous que le commerce français saurait s'y créer des débouchés, et croyez-vous qu'il aurait fait le jour-là ce qu'il n'a pas su faire dans la Cochinchine, ce qu'il n'a pas su faire encore à Haï-Phong nous sommes, rien ne l'empêchait d'agir et de se créer des débouchés? M. Paul Bert, Lesquels ? Quel est votre système ? M. Georges Perin. Mon système, je l'ai déjà exposé il y a deux ans et malheureusement sans succès. Mais les faits nouveaux qui se sont produits ont donné raison à ce que je disais, et c'est ce qui me fait un devoir de la répéter aujourd'hui, du moins en partie. Je ne viens pas vous proposer d'abandonner purement et simplement le Tonkin, ce qui pourtant - soit dit en passant - pourrait se faire sans mettre en péril notre colonie de la Basse-Cochinchine, sinon diminuer momentanément, je le veux bien, le prestige de la France dans l'extrême Orient. A une certaine époque, on a dit, dans la commission du budget et ailleurs, que, si nous nous retirions du Tonkin, nous serions à bref délai obligés d'abandonner la basse Cochinchine. A quoi l'amiral Jaureguiberry répondait, nos collègues de la commission doivent s'en souvenir et les procès-verbaux de la commission en font foi, l'amiral Jaureguiberry répondait que cela n'était pas soutenable, qu'il y a 250 lieues de distance entre la basse Cochinchine et le Tonkin et que l'abandon des quelques points que nous occupions au Tonkin ne modifierait en rien notre situation dans la basse Cochinchine. Je reconnais, messieurs, que, si nous nous retirions purement et simplement du Tonkin, notre prestige dans l'extrême Orient pourrait en être un peu amoindri, et ce n'est certes pas cela que je viens proposer à la Chambre. Mais, avant de faire connaître le moyen terme qui, je le crois, serait de nature à sauvegarder tous les intérêts, je pense qu'il est nécessaire, vu la grande importance donnée par le rapport à ce côté de la question, je pense qu'il est nécessaire de montrer comment cette question est devenue aujourd'hui une de celles qui préoccupent le plus le pays. M. Paul Bert. On a été odieux pour lui et pour ses compagnons ! M. Georges Perin. A cette époque, en 1873, j'ai protesté et j'ai dit: Il y a quelqu'un qui a outrepassé les ordres qu'il avait reçus, mais ce n'est pas l'homme qui est mort, qui a eu le tort de mourir; car, s'il eût été vivant, il aurait su se défendre, ce n'est pas Francis Garnier, c'est l'amiral Dupré. M. le rapporteur. Qui est mort aussi, M. Georges Perin ! Il est mort, je le sais, mais je puis répéter ce que j'ai déjà dit quand il était en vie: L'amiral Dupré aurait passer en conseil de guerre, parce qu'il avait enfreint ouvertement les ordres de son chef, le ministre de la marine. J'ai le texte même de la dépêche qu'au mois de juillet 1873 M. le ministre de la marine envoyait à l'amiral Dupré et dans laquelle il lui disait: Sous aucun prétexte, pour quelque raison que ce soit, n'engagez pas la France au Tonkin. Le ministre d'alors faisait valoir des motifs sur lesquels je ne reviendrai pas; il suffit, pour les deviner, de se rappeler que, en 1873, on était bien près de 1870. L'amiral Dupré n'a pas tenu compte de cette dépêche; il a donné des ordres à M. Francis Garnier, qui, lui, devait les exécuter, et j'estime que ce n'est pas sur ce dernier qu'on aurait faire retomber la responsabilité des événements graves qui sont survenus et qui ont eu pour conséquence de nous faire abandonner le pays dans des conditions déplorables, je le reconnais, et cependant, pour mon compte, je ne reproche pas au gouvernement d'alors de ne pas être resté au Tonkin. Et que ceux de mes honorables collègues de l'Assemblée nationale qui aujourd'hui sont au banc ministériel me permettent de le leur dire: puisque dans leur exposé des motifs, ils paraissent faire même un crime au gouvernement d'alors de n'avoir pas été en avant, de n'avoir pas tout au moins maintenu notre occupation, ils auraient formuler leurs critiques autrefois, lorsque le traité de 1874 a été discuté. Il ne faut rien exagérer cependant. Lorsque nous discutions dernièrement la question si grave des récidivistes, M. le ministre de l'intérieur disait avec raison que certains cahiers électrons réclamaient cette loi; mais je ne sache pas que, dans aucun cahier, sauf peut-être dans celui de M. Blancsubé, on trouve formulée cette demande de la solution de la question du Tonkin par la prise de possession ou par un protectorat effectif de ce pays. Leurs s'en soient préoccupés. Mais je reconnais que, si les électeurs n'ont pas donné un mandat formel, à cet égard, à leurs commettants, il y a une opinion publique qui s'est formée, dont le Gouvernement peut avoir à cœur de tenir compte, et je ne me dissimule nullement que, si le Gouvernement acceptait ma solution, il aurait peut-être à remonter le courant de l'opinion publique; mais c'est un devoir pour lui, si l'opinion publique a été égarée. Or, selon moi, l'opinion publique a été égarée par deux raisons: d'abord, par une raison extrêmement louable et que je respecte, par une raison de sentiment, et ensuite par une raison d'intérêt mal compris. La raison de sentiment, c'est l'histoire de Francis Garnier. Ceci dit pour la partie historique, je crois que ce nom de Francis Garnier, qui apparaît entouré d'une auréole de gloire et de dévouement à son pays, les journaux s'en sont servis, comme ils avaient le droit de le faire, pour entraîner l'opinion publique; mais nous devons examiner les choses plus froidement, et après avoir rendu hommage à ce citoyen, à cet officier de très grand mérite, nous n'en devons pas moins examiner impartialement la ligne politique qu'il a suivie dans l'extrême Orient. M. le rapporteur. C'est une erreur; il est vrai que cela n'a pas toujours été une erreur. M. Georges Perin. M. le rapporteur me coupe la parole, mais je continue. On ne parle plus aujourd'hui, dans l'exposé des motifs et dans le rapport de M. Blancsubé, du fleuve Rouge et des grands avantages pécuniaires que nous en pouvons retirer. Et cela est si vrai que les gens sérieux disent: Le jour nous serons maîtres du Tonkin, nous suppléerons à l'insuffisance du fleuve par un chemin de fer. le président. Vous répondrez, mon rapporteur, mais n'interrompez pas. M. Georges Perin. Cette considération est laissée un peu de côté, et avec raison: c'est que ce fleuve est peu navigable. Vous savez qu'à cet égard les renseignements les plus positifs, les plus authentiques ont été fournis par M. Tardieu, dans un rapport que le Gouvernement a bien voulu me communiquer, et qui dit à cet égard: Si on recherche dans quelles proportions les divers pavillons ont pris part au mouvement maritime, on trouve que le pavillon anglais couvre 35 p. 100 du tonnage total; le pavillon américain 20 p. 100; le pavillon chinois 23,5 p. 100, par ses vapeurs seulement, sans compter les jonques; le pavillon allemand 11 p. 100; le pavillon hollandais, 5,5 p. 100; le pavillon français 5 p. 100. Dans la saison des hautes eaux, des courants de foudre; à l'époque de l'étiage, des bas-fonds et des rapides; en tout temps le manque de sécurité, au milieu de ces forêts habitées par des peuplades à demi-indépendantes; et enfin les avanies que les fonctionnaires annamites, ou les bandes d'aventuriers à la solde du gouvernement, font subir au commerce. La navigation française tient, jusqu'à présent, une trop faible place; encore ne l'occupe-t-elle que grâce aux voyages du vapeur subventionné par l'administration de la Cochinchine française. Voulez-vous me permettre de vous donner l'avis de M. Tardieu, qui a été et qui est encore, je crois, un fonctionnaire du Gouvernement, et qui a été chef d'affaires à Hai-Phong ? M. le rapporteur. Il a été mis à la retraite ! M. Georges Perin. En tout cas, il a été consul à Haï-Phong. M. Tardieu, dans un rapport que le Gouvernement a bien voulu me communiquer, dit à cet égard: La navigation française tient, jusqu'à présent, une trop faible place; encore ne l'occupe-t-elle que grâce aux voyages du vapeur subventionné par l'administration de la Cochinchine française. Et alors il envisage le manque de sécurité résultant des Pavillons noirs. Je reconnais que l'honorable collègue M. Blancsubé, qui a une grande autorité dans cette question, me dit que c'est une erreur. Pour moi, je trouve que M. Francis Garnier s'est trompé, que l'entreprise du Tonkin a été une erreur. Singapore, et qui sont actuellement en possession du commerce - brali possidentes, c'est vous - vous ne les débusquerez pas de cette situation, sans établir un régime de protection, ce que, du reste, vous ne voulez ou ne pouvez pas faire. Je crois donc que vous ne créerez pas de débouchés à notre commerce, je crois que vous ne fournirez pas un aliment à notre marine marchande. J'arrive à la question des mines. Tout à l'heure, M. le ministre des affaires étrangères vous a montré à quel point le Gouvernement se préoccupait de cette question, puisqu'il a dit qu'un des motifs pour lesquels il n'avait pas voulu accepter le traité de M. Bourée, c'est qu'il cédait à la Chine la partie du Tonkin la plus riche peut-être en mines. Je parle des mines de charbon, car dans une carte qui nous a été donnée tout à l'heure et que tous mes collègues ont entre les mains, des mines considérables, des mines argentifères, aurifères sont indiquées dans une autre partie du pays. Je dois reconnaître que le Tonkin est un des pays miniers les plus riches du monde. Je vois sur un point de cette carte: Mines d'or et d'argent; sur un autre point encore, mines d'or, mines d'argent. Et enfin, messieurs, notez ceci : grosses pépites d'or. M. le comte de Douville-Maillefen. Dans une région inexplorée ! (On rit.) M. Georges Perin. Grosses pépites d'or ! Ceci rappelle tout à fait l'Eldorado de Voltaire, il n'y avait qu'à se baisser pour ramasser des cailloux qui étaient des diamants et de la terre qui était de l'or. Voilà donc un pays extrêmement riche en mines, et je comprends qu'on veuille les exploiter. A cet égard, je voudrais faire une seule observation. On a regretté, - le Gouvernement a pu le voir et le lire dans divers journaux, que des promesses de concessions aient déjà été faites. M. Jules Ferry, président du conseil. Quelles promesses ? Qui a fait des promesses ? M. Georges Perin. Je dis que ce bruit a couru... M. le président du conseil. On a dit une chose qui n'est pas exacte; cela arrive souvent du reste. M. Georges Perin. Je suis heureux, et c'est un peu pour cela que j'ai soulevé la question, de vous avoir fourni, monsieur le président du conseil, l'occasion de déclarer qu'on n'avait fait aucune promesse de cette nature. Je souhaite qu'on indemnise M. Dupuis qui, probablement, a droit à une indemnité. Un membre au centre. La Chambre l'a jugé. M. Georges Perin. Mais j'ai regretté que, ce jour-là, une parole semblable ait été prononcée à la tribune. Je crois qu'il ne doit pas y avoir de promesses faites à l'avance. Si nous prenons le Tonkin, l'on trouve des pépites d'or à fleur de terre, je voudrais qu'il fût entendu que vous ne donnerez la concession des mines que par une loi. Je sais que vous avez le droit de le faire par un décret, mais pourquoi ne pas faire aux colonies ce qui se fait en France. En ne faisant la concession que par une loi, la question se trouverait discutée devant la Chambre, et ainsi aucune accusation malveillante ne pourra se produire. Doit-on prendre un pays parce qu'il renferme des richesses minières ? (Sourires. Très bien ! très bien !) Vous avez des mines en maints endroits, dans des pays dont vous êtes possesseurs. Je ne parlerai pas de la Guyane, les mines sont inexploitées; mais dans l'extrême Orient, au Cambodge, il existe des mines extrêmement riches. Sur cette carte, on aurait pu indiquer les mines d'or du Cambodge: on pourrait les exploiter. En prenant le Tonkin uniquement pour ses mines, vous vous engageriez dans une aventure dont les avantages ne compenseraient pas les inconvénients. Mais enfin, messieurs, on dit qu'il n'y a pas d'hésitation possible, et on veut rassurer la Chambre qui, avec raison, se préoccupe des finances de la France, sur l'importance des dépenses. Le Gouvernement le comprend; il nous demande de débourser 5 millions seulement, et il ajoute aussitôt : Le pays nous voulons aller pourra largement compenser les dépenses que nous aurons à faire. Le Tonkin fournit 18 millions d'impôts que l'on pourrait sans trop faire crier le contribuable, porter à 30 millions. M. le rapporteur a été plus loin; il a parlé de 80 à 100 millions. Prenons le chiffre de 30 millions, c'est celui, je crois, que M. le ministre de la marine a donné à la commission du budget. Et l'on dit: Ces 30 millions suffiront à toutes les dépenses: 10 millions pour l'expédition proprement dite, 5 millions pour les menues frais; on donnera 5 ou 10 millions au pauvre Tu-Duc qui, ainsi, ne sera pas trop pauvre. A ce prix, dit-on, nous posséderons le pays. Eh bien, franchement, quand on nous propose d'aller nous établir dans un pays et qu'on nous dit, en mettant tout au mieux, que ce pays payera tous les frais de la guerre, on nous demande tout simplement de mettre la population tonkinoise en régie. Voilà, je crois, comment les choses doivent s'appeler. Je crois, moi, que nous avons mieux à faire. J'estime que nous devons développer par d'autres moyens notre prospérité coloniale et je voudrais l'asseoir sur une autre base. Quelques membres. Laquelle ? Quel est votre système ? M. Georges Perin. On me dit : Quel est votre système ? Je vais vous le dire dans un instant. Aujourd'hui la question est posée nettement. Il n'est plus permis de croire qu'on s'établira au Tonkin avec une compagnie, comme cela a été dit. Si nous prenons le Tonkin, l'honorable M. Blancsubé pourra réclamer une grande part de gloire. Il est de ceux qui ont le plus poussé le pays vers cette entreprise, et qui ont le plus contribué à y entraîner l'opinion publique. Voici ce qu'il a dit le 30 mars 1881, devant la société académique Indo-Chinoise. (M. Blancsubé fait un signe de dénégation.) C'est dans le Bulletin de la société académique Indo-Chinoise que je trouve la complète reconstitution de cette conférence. Si ce n'est pas à cette société que vous l'avez faite, c'est peut-être au boulevard des Capucines. M. le rapporteur. A quelle époque ? M. Georges Perin. Le 30 mars 1881. Voici ce que vous avez dit : 260 14 Mai (CHAMBRE) 941
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Le 940 16 Mai (CHAMBRE) battre un Gouvernement qu'ils voudraient, au contraire, pouvoir soutenir. DÉBATS PARLEMENTAIRES à Année 1888 Année 1883 kcang-Bi....... » DÉBATS PARLEMENTAIRES une erreur. M. le rapporteur. Ce n'a pas toujours été M. Georges Perin. Je crois qu'il vous vement d'affaires à Haï-Phong, est fait par les sera très difficile d'établir que le grand mou- grand peine à y supplanter, par notre com- Français; je dirai même que nous aurons même de la première expédition au Tonkin. kin a été une entreprise nefaste, et que noul ajoute : Chaque fois qu'on parle du Tonkin, il y a un en supportons aujourd'hui les conséquen Même en supposant que nous puissions Donc, messieurs, je viens aujourd'hui de- nom qui est prononcé et qui ne peut pas ne Je roove, en outre et c'est ici le secouljour affranchir le haut du fleuve de tous 3 mander à la Chambre de réfléchir, et au pas l'être : c'est celui de Francis Garnier. Pour côté de ma discussion, Gouvernement de ne pas entrer dans cette moi, j'ai déjà eu occasion de rendre hommage - que, en debo obstacles e obtenir de la cour de Pékin les considérations d'amour-propre national verture d'une place frontière, il ne faut pas encore, fans qu'il y ait abdication pour cet officier de grande valeur, ce grand voya Orient, auxquelles je suis aussi sensible quite unique de tous les produits d'échange da vole, paren que je crois que, aujourd'hui à Francis Garnier; je l'ai fait à une époque d'extension de notre puissance dans l'extrémpérer que la vallée du Songkir deviendra la prendre un mot de l'exposé des motifs -- geur, ce savans illustre, cet homme du plus qui que ce soit, il y a un autre point de vue de la part du pays, nous pouvons ne pas grand mérite était abandonné par ceux considérer, celui de nos intérêts réels, ront toujours avantage, on seront même glais qui y sont établis depuis longtemps, qui annan. Certaines régions de cette province prendre possession du Tonkin, nous pouvons même qui avaient le devoir de le défendre, rieux, matériels, de prospérité coloniale; c'erigées à user de la voie du Yang-tse-Kiang et ne pas aller plus loin que nous avons été, par le Gouvernement, par le ministre de la aur ce point que j'ai à m'expliquer et je ce qui n'est pas reculer. (Rumeurs sur divers marine, qui permettait au Journal officiel de ferai en quelques mots. L'opinion publique a sroutes du Thibet, de la Birmanie et du bancs) et nous tirer de ce mauvais pas dans déclarer, alors que cet officier Atait mort glo- trompe et elle a été trompée sur cette question Ainsi, vous voyez que, sur cette question, il des conditions qui sauvegardent à la fois et rieusement au service de la France, que la de la prise de possession du Tonkın, qu'on la l'honneur du villon français et les intérêts cause de nos difficultés était que M. Francis présente comme une terre promise, tout est au moins des doutes et des doutes très de notre pays. Garnier avait probablement outrepassé les or souhait, toutes les richesses sont à la por neuve Rouge, quoiqu'il ait fort aidé l'opi rieux. Mais laissons, si vous voulez, de côté dres qui lui avaient été donnés. tée de la main de celui qui voudra prendre peine de se baisser pour les ramasser. on à se prononcer en faveur de la prise de Rappelez-vous, messieurs, les considération du Tonkin. On dit ensuite: il faut ouvrir des débouchs tions qu'on a fait valoir et que l'on continue faire valoir. A une époque on semblait ecommerce et fournir un aliment à notre ma- faire bon marché, à dis : Le Tonk n'est pas en soi une terre qui offre de D'un seul mot je montrerai que, encore, bien grands avantages à nos nationaux qq ya une illusion. Ouvrir des débouchés au iraient s'y installer; mais c'est le pays qui merce! Mais le jour nous serions com traverse le fleuve Rouge, fleuve qui permet hement maitres du Tonkin, croyez-vous d'atteindre les provinces méridionales de le commerce français saurait s'y créer des Chine, ces provinces d'une extrême richesse bouchés, et croyez-vous qu'il aurait faire le Yannan et le Tae-Chaen et d'en draine jour-là ce qu'il n'a pas su faire dans la les produits; en un mot, le Tonkin nouse Cochinchine, ce qu'il n'a pas sa faire permettra de prendre possession da fleur core à Haï-Phong nous sommes, Rouge, et ainsí de bénéficier de trafic consiten ne l'empêcherait d'agir et de se créer des dérable qui se fera par cette voie. » bouchés? M. Paul Bert, Lesquels ? Quel est votre système ? M. Georges Perin. Mon système, je l'ai déjà expose il y ment sans succès. deux ans et malheureuse- Mais les faits nouveaux qui se sont produits ont donné raison à ce que je disais, et c'est ca qui me fait un devoir de la répéter aujourd'hui, du moins en partie. Je ne viens pas vous proposer d'abandonner purement et simplement le Tonkin, ce qui pourtant soit dit en passant - pourrait se faire sans mettre en péril notre colonie de la Basse-Cochinchine, sinon diminuer momen- tanément, je le veux ben, le prestige de la France dans l'extrême Orient A une certaine époque, on a dit, dans la commission du badget et ailleurs, que, si nous nous retirions du Tonkin, nous serions à bref délai obligés d'abandonner la basse Cochin- chine. A quoi l'amiral Jaureguiberry répon dait, nos collègues de la commission doivent s'en souvenir et les procès-verbaux de la com- mission en font foi, l'amiral Jauregui. berry répondait que cela n'était pas souta nable, qu'il y a 250 lieues de distance entre la basse Cochinchine et le Tonkin et que l'aban- don des quelques points que nous occupions ap Tonkin no modifierait en rien notre situa- Lion dans la basse Cochinchine. Je reconnais, messieurs, que, si nous nons retirions purement et simplement du Tonkin, notre prestige dans l'extrême Orient pourrait en ôtre un peu amoindri, et ce n'est certes pas cela que je viens proposer à la Chambre. Mais, avant de faire connaitre le moyen terme qui, je le crois, serait de nature à sauvegarder tous les intérêts, je pense qu'il est nécessaire, vu ja grande importance donnée par le rapport à ce côté de la question, je pense qu'il est nécessaire de montrer comment cette question est deve- nue aujourd'hui une de celles qui préoccupent le plus le pays. M. Paul Bert. On a étô odieux pour lui et pour ses compagnons I M. Georges Perin. A cette époque, en 1873, j'ai protesté et j'ai dit: Il y a quelqu'un qui a outrepassé les ordres qu'il avait reçus, mais ce n'est pas l'homme qui est mort, qui a ea le tort de mourir; car, s'il eût été vi- vant, il aurait su se défendre, ce n'est pas Francis Garnier, c'est l'amiral Dupré. M. le rapporteur. Qui est mort aussi, M. Georges Peria Il est mort, je le sais, mais je pais répéter co que j'ai déjà dit quand il était en vie: L'amiral Dupré aurait passer en conseil de guerre, parce qu'il avait enfreint ouvertement les ordres de son chef, le minis- tre de la marine. mois de juillet 1873 M. le ministre de la ma J'ai le texte même de la dépêche qu'au rine envoyait à l'amiral Dupré et dans laquelle il lui disait: Sous aucun prétexte, pour quel que raison que ce soit, n'engagez pas la France au Tonkin ə Le ministre d'alors faisait valoir des motifs sur lesquels je ne reviendrai pas; il suffit, pour était bien près de 1870. les deviner, de se rappeler que, en 1873, on L'amiral Dupré n'a pas tenu compte de cette dépêche ; il a donné des ordres à M. Francis Garnier, qui, lai, devait les exécuter, et j'es- time que ce n'est pas sur ce dernier qu'on aa- rait du faire retomber la responsabilité des événements graves qui sont survenus et qui ont eu pour conséquence de nous faire aban- donner le pays dans des conditions déplo rables, je le reconnais, et cependant, pour mon compte, je ne reproche pas au gouverne- ment d'alors de ne pas dire resté au Tonkin. Et que ceux de mes honorables collègues de l'Assemblée nationale qui aujourd'hui sont au banc ministériel me permettent de le leur dire: puisque dans leur exposé des motifs, ila paraissent faire même un crime au gouverne- ment d'alors de n'avoir pas été en avant, de n'avoir pas tout au moins maintenu noire oc- cupation, ils auraient formuler leurs critiques autrefois, lorsque le traisé de 1874 a été dis- cuté. quelque Il ne faut rien exagérer cependant. Lors- que nous discutions dernièrement la ques- tion si grave des récidivistes, M. le ministre de l'intérieur disait avec raison que certains cahiers électoraux réclamaient cette loi; mais je ne sache pas que, dans aucun cahier, sauf Moi, au contraire, j'al estimé peut-être dans celui de M. Blancsubě, on cruelle que fút cette décision,- qu'il était po- trouve formulée celte demande de la solution litique, à cette époque, de ne pas aller plus de la question du Tonkin par la prise de pos- avant; mais alors, combattant le traité, je”di- session on par un protectorat effectif de ce sais: Vous vous exposez à vous trouver for pays. En un mot, je ne crois pas que les élec-cés dans l'avenir à faire ce que vous n'avez pas Leurs s'en soient préoccupés. Mais je reconnais voulu faire récemment, et l'estime que dans que, si les électeurs n'ont pas donné an man- l'avenir vous rencontrerez des dangers aussi. das formel, à cet égard, à leurs commettants, grande. » il y a une opinion poblique qui s'est formée, dont le Gouvernement peut avoir à cour de tenir compte, et je ne me dissimule nulle ment que, si le Gouvernement acceptait ma solution, il aurait peut-être à remonter le con.ant de Popinion publique; mais c'est un devoir pour lui, si l'opinion publique a été exts. Or, selon moi, l'opinion publique a élé égarés par deux raisons: d'abord, par une ra sou extrêmement louable et que je respecte, par une raison de sentiment, et ensuite par une raison d'intérêt mal compris. La raison de sentiment, c'est l'histoire Ceci dit pour la partie historique, je crois que ce nom de Francis Garnier, qui apparaît entouré d'une auréole de gloire et de dévoue. ment à son pays, les journaux s'en sont ser- vis, comme ils avaient le droit de le faire, pour entrainer l'opinion publique; mais nous devons examiner les choses plus froidement, et après avoir renda hommage à ce citoyen, à cet officier de très grand merite, nous n'en devons pas moins examiner impartialement la ligne politique qu'il a suivie dans l'extrême | marchande. A est égard, messieurs, il y a beaucoup M. le rapporteur. C'est une erreur; il est dire, et déjà je crois que l'opinion publique a que cela n'a pas toujours été une er- s'est modifiée. On ne parle plas aujourd'hui art que discrètement, dans l'exposé des motife of dans le rapport de M. Blancsabé, du fleuve Ronge et des grands avantages pécuniaires que Et cela est si vrai que les gens sérieux di sent Le jour nous serons maitres de Tonkin, nous suppléerous à l'insuffisance di fleuve par un chemin de fer. le président. Vous répondres, mon- rapporteur, mais n'interrompez pas rateur. nous an pouvons retirer. Cette considération est laissée un peu de côté, etavec raison: c'est M. Georges Perin. M. le rapporteur me que ce fleuve est peu navigable. Vous saver que c'est une erreur. Il remblerait indi- qu'à cet égard les renseignements les plus per par que le commerce français fait au- sitifs, les plas authentiques ont été fournis urd'hui de grandes affaires en Cochinchine. Le fleuve Rouge est un fleuve qui, dans une tout cas, mon honorable collègue, ce grande partie de son cours, a des courants alt depuis bien peu de temps, depuis un an terribles. Dans une autre partie, il a des bur peine... fonds qui, pendant huit mois de l'année, son M. le rapporteur. Depuis deux ans! de 70 centimètres. Vous m'accorderez que ca n'est pas une voie réellement navigable, Georges Perin, car toutes les quand on vient nous parler d'un trafic pro- andes affaires avec la Cochinchine ont été bable de 500. de 700, de 800 millions qui les jusqu'en 1882 par des maisons chi- ferait sur le fleuve Rouge - j'ai la dans ceres, anglaises et allemandes. tains travaux que le trafie que nous obtiso. Ce que l'on n'a pas su faire en Cochinchine, drions par le fleuve Rouge serait de 800 mil urquoi le ferait-on an Tonkin ? lions je réponds qu'un tel trafic ne peut Nous pouvons raisonner da particulier au pas se faire sur un fleuve qui, pendant huméral. Qu'est-ce que Hai-Phong a été pour as jusqu'à ce jour et nous sommes en mais, a des bas-fonds de 70 centimètres. session de cette ville? Quel parti notre merce a-t-il su en tirer? Voici un rapport, publié dans un document iciel émané du gouvernement de la Cochin- ine, intitulé: Excursions et reconnais- ces, et voici ce que j'y bis sur le mou- Si on recherche dans quelles proportions divers pavillons ont pris part au mouve- ent maritime, on trouve que le pavillon an- ls couvre 35 p. 100 du tonnage total; le fonctionnaire; il a été consul à Haï-Phong. M. Georges Perla. En tout cas, il a éillon américain 20 p. 100; le pavillon chi- 23,5 p. 100, par ses vapeurs seulement, M. Tare, dans un rapport que le Gouverne compter les jonques; le pavilion alle. ment a bien voulu me communiquer, dit à cand ii p. 100; le pavillon hollandais, 5,5 p. égard: le pavillon français 5 p. 100. » Dans la saison des hautes eaux, de, le rapporteur. Quelle est la date de ce courants de foudre; à l'époque de l'étiage, der port? bas-fonds et des rapides; en tout temps le manque de sécurité, au milieu de ces foren. Georges Perin, Il date de 1881. habitées par des peuplades à demi-indepent l'auteur du rapport ajoutait : dantes; et enfin les avanies que les fonction La navigation française tient, jusqu'à pré- naires annamites, on les bandes d'aventat, ane trop faible place; encore ne l'oc- riers à la soide du gouvernement, font subir e-t-elle que grâce aux voyages du vapeur ventionné par Padministration de la Co- nchine française, Voulez-vous me permettra de vous donner Favis de M. Ture, qui a été et qui est encore, je crois, un fonctionnaire du Gouvernement d'affaires à Hai Phong. ment?... M. le rapportenr. Il a été mis à la rec traite! au commerce. Et alors it envisage le manque de sécurité résultant des Pavillons noirs. Je reconnais que o honorable collègue M. Blancsubé, qai grande autorité dans cette question, me que c'est une erreur. - Orient. Pour moi, je trouve que M. Francis le jour nous serious maîtres da Tonkin, inne Garnier s'est trompé, que l'entreprise du Ton-disparaîtraient. merce et notre marine, les Chinois et les An- Singapore, et qui sont actuellement en pos- ont leurs correspondants à Hong Kong et à le cas de le dire, session du commerce - brali possidentes, c'est -vous ne les débusquerez pas de cette situation, sans établir un régime voulez ou ne pouvez pas faire. Je crois done de protection, ce que, du reste, vous ne que vous ne créerez pas de débouchés à notre commerce, je crois que vous ne fournirez pas un aliment à notre marine marchande. J'arrive à la question des mines. Tout à l'heure, M. le ministre des affaires étrangères vous a montré à quel point le Gou vernement sa préoccupait de cetto question, paisqu'il a dit qu'un des motifs pour lesquels Il n'avait pas voulu accepter le traité de M. Bourée, c'est qu'il cédait à la Chine la partie du Tonkin la plus riche peut être en mines. Je parle des mines de charbon, car dans une carte qui nous a été donnée tout à l'heure et que tous mes collègues ont entre les mains, des mines cousidérables, des mines argenti. fères, aurifères sont indiquées dans une autre partie du pays. Je dois reconnaitre que le Tonkin est un des pays miniers les plus ri- ches du monde. Je vois sur un point de cette carte: Mines d'or et d'argent; sur un autre point encore, mines d'or, mines d'argent. Et enfia, mes- 260 14 Mai (CHAMBR=] 941 | d'or à fleur de terre, je voudrais qu'il fût en- tendu que vous ne donnerez la concession des mines que par une loi. Je sais que vous avez le droit de le faire par un décret, mais pour- quoi ne pas faire aux colonies ce qui se fait en France. En ne faisant la concession que par une loi, la question se trouveraitdiscutée de- vant la Chambre, et ainsi aucune accusation malveillante ne pourra se produire. (Très bien ! très bien !) Doit-on prendre un pays parce qu'il ren- forme des richesses minières ? (Sourires. *** Très bien! très bien!) Vous avez des mites en maints endroits, dans des pays dont vous êtes possesseure. Je ne parlerai pas de la Gayane, les mines sont inexploitées; mais dans l'extrême Orient, au Cambodge, il existe des mines excessive- ment riches. Sur cette carte, on aurait pu in- diquer les mines d'or du Cambodge: on pour- rait les exploiter. En prenant le Tonkin uni- quement pour ses mines, vous vous engageriez dans une aventura doat les avantages ne com. penseraient pas les inconvénients. Mais enfin, messieurs, on dit qu'il n'y a pas Chambre qui, avec raison, se préoccupe des d'hésitation possible, et on veut rassurer la finances de la France, sur l'importance des dépenses. Le Gouvernement le comprend; il nous do mande de débourser 5 millions seulement, et il ajoute aussitôt : Le pays nous voulons aller pourra largement compenser les dépenses que nous aurons à faire. Le Tonkin fournit 18 millions d'impôts que l'on pourrait sans trop faire crier le contribuable, porter à 30 mil- lions. M. le rapporteur a été plus loin; il a parlé de sieurs, notez ceci : grosses pépites d'or. 80 à 100 millions. Prenons le chiffre de 30 M. le comte de Douville-Maillefen. Dansnistre de la marine a donné à la commis- millions, c'est celui, je crois, que M. le mi- une région inexpiorée! (On rit.) M. George Perin. Grosses pépites d'or! Ceci rappelle tout à fait l'Eldorado de Vo'taire,pédition proprement dite, 5 millions pour les il n'y avait qu'à se baisser pour ramasser des cailloux qui étaient des diamants et de la terre qui était de For. Voilà donc un pays extrêmement riche en mines, et je comprends qu'on veuille les exploiter. A cet égard, je voudrais faire une seule ob- servation. On a regrette, - le Gouvernement a pu le voir et le lire dans divers jouruaux, que des promesses de concessions aient déjà été faites. (Mouvements divers.) Je crois, moi aussi, que cela est regrettable. M. Jules Forry, président du conseil. Quelles promesses? Qui a fait des promesses? M. Georges Perin. Je dis que ce bruit a couru... M. le président du consell. On a dit une chose qui n'est pas exacte; cela arrive souvent du reste. M. Georges Perin. Je suis heureux, et c'est un peu pour cela que j'ai soulevé la ques- tion, de vous avoir fourni, monsieur le prési- dent du conseil, l'occasion de déclarer qu'on n'avait fait aucune promesse de cette nature, Cependant, je rappellerai qu'an jour ici, à cette tribune, M. Pamiral Jaurégulberry... M. le président du conseil. Oui, à pro- pos de M. Dupuis. M. Georges Perin.... à propos de l'in- demnité à accorder à M. Dupuis, avait dit : Plus tard on pourra lui donner certaines concessions an Tonkin. » Je souhaite qu'on indemnise M. Dupuis qui, probablement, a droit à une indemnité. Un membre au centre. La Chambre l'a jugé. M. Georges Perin. Mais j'ai regretté que, noncée à la tribone. Je crois qu'il ne doit pas ce jour-là, une parole semblable ait été pro- y avoir de promesses faites à l'avance. Si nõus prenons le Tonkin, l'on trouve des pétites | | sion. Et l'on dit: Ces 30 millions suffiront à toutes les dépenses: 10 millions pour l'ex- menns frais; on donnera 5 ou 10 millions au pauvre Tu-Dac qai, ainsi, ne sera pas trop pauvre. A ce prix, dit-on, nous posséderons le pays. Eh bien, franchement, quand on nous pro pose d'aller nous établir dans un pays et qu'on bous dit, en mettant tout au mieux, que co pays payera tous les frais de la guerre, on nous demande tout simplement de mettre la population tonkinoise en régie. Voilà, je crois, comment les choses doivent s'appeler. Je crois, moi, que nous avons mieur à faire. J'estime que nous devons développer par d'autres moyens notre prospérité coloniale et je voudrais l'asseoir sur une autre base. (Très bien ! très bien !) Quelques membres. Laquelle ? Quel est votre système ? M. Georges Perin. On me dit : Quel est votre système? Je vais vons le dire dans un instant Aujourd'hui la question est posée nette. mant. Il n'est plus permis de croire qu'on s'établira au Tonkin avec une compagnie, comme cela a été dit. Si nous prenons le Tonkin, Phonorable M. Blancsabé pourra réclamer une grande part de gloire. Il est de ceux qui ont le plus poussé le pays vers cette entreprise, et qui ont le plus contribué à y entrainer Popinion publique. Voici ce qu'il a dit le 30 mars 1881, devant la société académique Indo-Chinoise. (M. Blanc- subs fait un sigće de dénégation.) mique Indo-Chinoise que je trouve la comple reada de cette conférence. Si ce n'est pas à cotte société que vous l'avez faite, c'est peut- être au boulevard des Capacines. C'est dans le Bulletin de la société acadé M. le rapporteur. A quelle époque ? M. Georges Perin. Le 30 mars 1881. Voici ce que vous avez dit :
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Le

940

16 Mai (CHAMBRE)

battre un Gouvernement qu'ils voudraient, au contraire, pouvoir soutenir.

DÉBATS PARLEMENTAIRES

à

Année 1888

Année 1883

kcang-Bi....... »

DÉBATS PARLEMENTAIRES

une erreur.

M. le rapporteur. Ce n'a pas toujours été

M. Georges Perin. Je crois qu'il vous vement d'affaires à Haï-Phong, est fait par les sera très difficile d'établir que le grand mou-

grand peine à y supplanter, par notre com- Français; je dirai même que nous aurons

même de la première expédition au Tonkin.

kin a été une entreprise nefaste, et que noul ajoute : Chaque fois qu'on parle du Tonkin, il y a un en supportons aujourd'hui les conséquen Même en supposant que nous puissions Donc, messieurs, je viens aujourd'hui de- nom qui est prononcé et qui ne peut pas ne Je roove, en outre et c'est ici le secouljour affranchir le haut du fleuve de tous 3 mander à la Chambre de réfléchir, et au pas l'être : c'est celui de Francis Garnier. Pour

côté de ma discussion, Gouvernement de ne pas entrer dans cette moi, j'ai déjà eu occasion de rendre hommage

- que, en debo obstacles e obtenir de la cour de Pékin les considérations d'amour-propre national verture d'une place frontière, il ne faut pas encore, fans qu'il y ait abdication pour cet officier de grande valeur, ce grand voya Orient, auxquelles je suis aussi sensible quite unique de tous les produits d'échange da vole, paren que je crois que, aujourd'hui à Francis Garnier; je l'ai fait à une époque où d'extension de notre puissance dans l'extrémpérer que la vallée du Songkir deviendra la prendre un mot de l'exposé des motifs -- geur, ce savans illustre, cet homme du plus qui que ce soit, il y a un autre point de vue de la part du pays, nous pouvons ne pas grand mérite était abandonné par ceux là considérer, celui de nos intérêts réels, ront toujours avantage, on seront même glais qui y sont établis depuis longtemps, qui

annan. Certaines régions de cette province prendre possession du Tonkin, nous pouvons

même qui avaient le devoir de le défendre, rieux, matériels, de prospérité coloniale; c'erigées à user de la voie du Yang-tse-Kiang et ne pas aller plus loin que nous avons été, par le Gouvernement, par le ministre de la

aur ce point que j'ai à m'expliquer et je ce qui n'est pas reculer. (Rumeurs sur divers marine, qui permettait au Journal officiel de ferai en quelques mots. L'opinion publique a sroutes du Thibet, de la Birmanie et du bancs) et nous tirer de ce mauvais pas dans déclarer, alors que cet officier Atait mort glo- trompe et elle a été trompée sur cette question Ainsi, vous voyez que, sur cette question, il des conditions qui sauvegardent à la fois et

rieusement au service de la France, que la de la prise de possession du Tonkın, qu'on la l'honneur du på villon français et les intérêts cause de nos difficultés était que M. Francis

présente comme une terre promise, où tout est au moins des doutes et des doutes très de notre pays.

Garnier avait probablement outrepassé les or souhait, où toutes les richesses sont à la por neuve Rouge, quoiqu'il ait fort aidé l'opi

rieux. Mais laissons, si vous voulez, de côté dres qui lui avaient été donnés.

tée de la main de celui qui voudra prendre peine de se baisser pour les ramasser.

on à se prononcer en faveur de la prise de Rappelez-vous, messieurs, les considération du Tonkin.

On dit ensuite: il faut ouvrir des débouchs tions qu'on a fait valoir et que l'on continue faire valoir. A une époque où on semblait ecommerce et fournir un aliment à notre ma- faire bon marché, où à dis : Le Tonk n'est pas en soi une terre qui offre de D'un seul mot je montrerai que, là encore, bien grands avantages à nos nationaux qq ya une illusion. Ouvrir des débouchés au iraient s'y installer; mais c'est le pays qui merce! Mais le jour où nous serions com traverse le fleuve Rouge, fleuve qui permet hement maitres du Tonkin, croyez-vous d'atteindre les provinces méridionales de le commerce français saurait s'y créer des Chine, ces provinces d'une extrême richesse bouchés, et croyez-vous qu'il aurait faire le Yannan et le Tae-Chaen et d'en draine jour-là ce qu'il n'a pas su faire dans la les produits; en un mot, le Tonkin nouse Cochinchine, ce qu'il n'a pas sa faire permettra de prendre possession da fleur core à Haï-Phong où nous sommes, où Rouge, et ainsí de bénéficier de trafic consiten ne l'empêcherait d'agir et de se créer des dérable qui se fera par cette voie. »

bouchés?

M. Paul Bert, Lesquels ? Quel est votre système ?

M. Georges Perin. Mon système, je l'ai déjà expose il y ment sans succès.

deux ans et malheureuse-

Mais les faits nouveaux qui se sont produits ont donné raison à ce que je disais, et c'est ca qui me fait un devoir de la répéter aujourd'hui, du moins en partie.

Je ne viens pas vous proposer d'abandonner purement et simplement le Tonkin, ce qui pourtant soit dit en passant - pourrait se faire sans mettre en péril notre colonie de la Basse-Cochinchine, sinon diminuer momen- tanément, je le veux ben, le prestige de la France dans l'extrême Orient

A une certaine époque, on a dit, dans la commission du badget et ailleurs, que, si nous nous retirions du Tonkin, nous serions à bref délai obligés d'abandonner la basse Cochin- chine. A quoi l'amiral Jaureguiberry répon dait, nos collègues de la commission doivent s'en souvenir et les procès-verbaux de la com- mission en font foi, l'amiral Jauregui. berry répondait que cela n'était pas souta nable, qu'il y a 250 lieues de distance entre la basse Cochinchine et le Tonkin et que l'aban- don des quelques points que nous occupions ap Tonkin no modifierait en rien notre situa- Lion dans la basse Cochinchine.

Je reconnais, messieurs, que, si nous nons retirions purement et simplement du Tonkin, notre prestige dans l'extrême Orient pourrait en ôtre un peu amoindri, et ce n'est certes pas cela que je viens proposer à la Chambre. Mais, avant de faire connaitre le moyen terme qui, je le crois, serait de nature à sauvegarder tous les intérêts, je pense qu'il est nécessaire, vu ja grande importance donnée par le rapport à ce côté de la question, je pense qu'il est nécessaire de montrer comment cette question est deve- nue aujourd'hui une de celles qui préoccupent le plus le pays.

M. Paul Bert. On a étô odieux pour lui et pour ses compagnons I

M. Georges Perin. A cette époque, en 1873, j'ai protesté et j'ai dit: Il y a quelqu'un qui a outrepassé les ordres qu'il avait reçus, mais ce n'est pas l'homme qui est mort, qui a ea le tort de mourir; car, s'il eût été vi- vant, il aurait su se défendre, ce n'est pas Francis Garnier, c'est l'amiral Dupré.

M. le rapporteur. Qui est mort aussi, M. Georges Peria Il est mort, je le sais, mais je pais répéter co que j'ai déjà dit quand il était en vie: L'amiral Dupré aurait dû passer en conseil de guerre, parce qu'il avait enfreint ouvertement les ordres de son chef, le minis- tre de la marine.

mois de juillet 1873 M. le ministre de la ma

J'ai là le texte même de la dépêche qu'au

rine envoyait à l'amiral Dupré et dans laquelle il lui disait: Sous aucun prétexte, pour quel que raison que ce soit, n'engagez pas la France

au Tonkin ə

Le ministre d'alors faisait valoir des motifs sur lesquels je ne reviendrai pas; il suffit, pour était bien près de 1870. les deviner, de se rappeler que, en 1873, on

L'amiral Dupré n'a pas tenu compte de cette dépêche ; il a donné des ordres à M. Francis Garnier, qui, lai, devait les exécuter, et j'es- time que ce n'est pas sur ce dernier qu'on aa- rait du faire retomber la responsabilité des événements graves qui sont survenus et qui ont eu pour conséquence de nous faire aban- donner le pays dans des conditions déplo rables, je le reconnais, et cependant, pour mon compte, je ne reproche pas au gouverne- ment d'alors de ne pas dire resté au Tonkin. Et que ceux de mes honorables collègues de l'Assemblée nationale qui aujourd'hui sont

au banc ministériel me permettent de le leur dire: puisque dans leur exposé des motifs, ila paraissent faire même un crime au gouverne- ment d'alors de n'avoir pas été en avant, de n'avoir pas tout au moins maintenu noire oc- cupation, ils auraient dû formuler leurs critiques autrefois, lorsque le traisé de 1874 a été dis- cuté.

quelque

Il ne faut rien exagérer cependant. Lors- que nous discutions dernièrement la ques- tion si grave des récidivistes, M. le ministre de l'intérieur disait avec raison que certains cahiers électoraux réclamaient cette loi; mais je ne sache pas que, dans aucun cahier, sauf Moi, au contraire, j'al estimé peut-être dans celui de M. Blancsubě, on cruelle que fút cette décision,- qu'il était po- trouve formulée celte demande de la solution litique, à cette époque, de ne pas aller plus de la question du Tonkin par la prise de pos- avant; mais alors, combattant le traité, je”di- session on par un protectorat effectif de ce sais: Vous vous exposez à vous trouver for pays. En un mot, je ne crois pas que les élec-cés dans l'avenir à faire ce que vous n'avez pas Leurs s'en soient préoccupés. Mais je reconnais voulu faire récemment, et l'estime que dans que, si les électeurs n'ont pas donné an man- l'avenir vous rencontrerez des dangers aussi. das formel, à cet égard, à leurs commettants, grande. » il y a une opinion poblique qui s'est formée, dont le Gouvernement peut avoir à cour de tenir compte, et je ne me dissimule nulle ment que, si le Gouvernement acceptait ma solution, il aurait peut-être à remonter le con.ant de Popinion publique; mais c'est un devoir pour lui, si l'opinion publique a été exts. Or, selon moi, l'opinion publique a élé égarés par deux raisons: d'abord, par une ra sou extrêmement louable et que je respecte, par une raison de sentiment, et ensuite par une raison d'intérêt mal compris.

La raison de sentiment, c'est l'histoire

Ceci dit pour la partie historique, je crois que ce nom de Francis Garnier, qui apparaît entouré d'une auréole de gloire et de dévoue. ment à son pays, les journaux s'en sont ser- vis, comme ils avaient le droit de le faire, pour entrainer l'opinion publique; mais nous devons examiner les choses plus froidement, et après avoir renda hommage à ce citoyen, à cet officier de très grand merite, nous n'en devons pas moins examiner impartialement la ligne politique qu'il a suivie dans l'extrême

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marchande.

A est égard, messieurs, il y a beaucoup M. le rapporteur. C'est une erreur; il est dire, et déjà je crois que l'opinion publique a que cela n'a pas toujours été une er- s'est modifiée. On ne parle plas aujourd'hui art que discrètement, dans l'exposé des motife of dans le rapport de M. Blancsabé, du fleuve Ronge et des grands avantages pécuniaires que

Et cela est si vrai que les gens sérieux di sent Le jour où nous serons maitres de Tonkin, nous suppléerous à l'insuffisance di fleuve par un chemin de fer.

le président. Vous répondres, mon- rapporteur, mais n'interrompez pas

rateur.

nous an pouvons retirer. Cette considération est laissée un peu de côté, etavec raison: c'est M. Georges Perin. M. le rapporteur me que ce fleuve est peu navigable. Vous saver que c'est une erreur. Il remblerait indi- qu'à cet égard les renseignements les plus per par là que le commerce français fait au- sitifs, les plas authentiques ont été fournis urd'hui de grandes affaires en Cochinchine. Le fleuve Rouge est un fleuve qui, dans une tout cas, mon honorable collègue, ce grande partie de son cours, a des courants alt depuis bien peu de temps, depuis un an terribles. Dans une autre partie, il a des bur peine... fonds qui, pendant huit mois de l'année, son M. le rapporteur. Depuis deux ans! de 70 centimètres. Vous m'accorderez que ca n'est pas là une voie réellement navigable, Georges Perin, car toutes les quand on vient nous parler d'un trafic pro-

andes affaires avec la Cochinchine ont été bable de 500. de 700, de 800 millions qui les jusqu'en 1882 par des maisons chi- ferait sur le fleuve Rouge - j'ai la dans ceres, anglaises et allemandes. tains travaux que le trafie que nous obtiso. Ce que l'on n'a pas su faire en Cochinchine, drions par le fleuve Rouge serait de 800 mil urquoi le ferait-on an Tonkin ? lions je réponds qu'un tel trafic ne peut Nous pouvons raisonner da particulier au pas se faire sur un fleuve qui, pendant huméral. Qu'est-ce que Hai-Phong a été pour as jusqu'à ce jour et nous sommes en mais, a des bas-fonds de 70 centimètres.

session de cette ville? Quel parti notre merce a-t-il su en tirer? Voici un rapport, publié dans un document iciel émané du gouvernement de la Cochin- ine, intitulé: Excursions et reconnais- ces, et voici ce que j'y bis sur le mou-

Si on recherche dans quelles proportions divers pavillons ont pris part au mouve- ent maritime, on trouve que le pavillon an- ls couvre 35 p. 100 du tonnage total; le fonctionnaire; il a été consul à Haï-Phong.

M. Georges Perla. En tout cas, il a éillon américain 20 p. 100; le pavillon chi- 23,5 p. 100, par ses vapeurs seulement, M. Tare, dans un rapport que le Gouverne compter les jonques; le pavilion alle. ment a bien voulu me communiquer, dit à cand ii p. 100; le pavillon hollandais, 5,5 p. égard:

le pavillon français 5 p. 100. » Dans la saison des hautes eaux, de, le rapporteur. Quelle est la date de ce courants de foudre; à l'époque de l'étiage, der port? bas-fonds et des rapides; en tout temps le manque de sécurité, au milieu de ces foren. Georges Perin, Il date de 1881. habitées par des peuplades à demi-indepent l'auteur du rapport ajoutait : dantes; et enfin les avanies que les fonction La navigation française tient, jusqu'à pré- naires annamites, on les bandes d'aventat, ane trop faible place; encore ne l'oc- riers à la soide du gouvernement, font subir e-t-elle que grâce aux voyages du vapeur ventionné par Padministration de la Co- nchine française,

Voulez-vous me permettra de vous donner Favis de M. Ture, qui a été et qui est encore, je crois, un fonctionnaire du Gouvernement d'affaires à Hai Phong. ment?...

M. le rapportenr. Il a été mis à la rec traite!

au commerce. ■

Et alors it envisage le manque de sécurité résultant des Pavillons noirs. Je reconnais que

o honorable collègue M. Blancsubé, qai grande autorité dans cette question, me que c'est une erreur. -

Orient. Pour moi, je trouve que M. Francis le jour où nous serious maîtres da Tonkin, inne Garnier s'est trompé, que l'entreprise du Ton-disparaîtraient.

merce et notre marine, les Chinois et les An-

Singapore, et qui sont actuellement en pos- ont leurs correspondants à Hong Kong et à

le cas de le dire, session du commerce - brali possidentes, c'est -vous ne les débusquerez pas de cette situation, sans établir un régime voulez ou ne pouvez pas faire. Je crois done de protection, ce que, du reste, vous ne que vous ne créerez pas de débouchés à notre commerce, je crois que vous ne fournirez pas un aliment à notre marine marchande.

J'arrive à la question des mines. Tout à l'heure, M. le ministre des affaires étrangères vous a montré à quel point le Gou vernement sa préoccupait de cetto question, paisqu'il a dit qu'un des motifs pour lesquels Il n'avait pas voulu accepter le traité de M. Bourée, c'est qu'il cédait à la Chine la partie du Tonkin la plus riche peut être en mines. Je parle des mines de charbon, car dans une carte qui nous a été donnée tout à l'heure et que tous mes collègues ont entre les mains, des mines cousidérables, des mines argenti. fères, aurifères sont indiquées dans une autre partie du pays. Je dois reconnaitre que le Tonkin est un des pays miniers les plus ri- ches du monde.

Je vois sur un point de cette carte: Mines d'or et d'argent; sur un autre point encore,

mines d'or, mines d'argent. Et enfia, mes-

260 14 Mai

(CHAMBR=] 941

| d'or à fleur de terre, je voudrais qu'il fût en- tendu que vous ne donnerez la concession des mines que par une loi. Je sais que vous avez le droit de le faire par un décret, mais pour- quoi ne pas faire aux colonies ce qui se fait en France. En ne faisant la concession que par une loi, la question se trouveraitdiscutée de- vant la Chambre, et ainsi aucune accusation malveillante ne pourra se produire. (Très bien ! très bien !)

Doit-on prendre un pays parce qu'il ren- forme des richesses minières ? (Sourires. *** Très bien! très bien!)

Vous avez des mites en maints endroits, dans des pays dont vous êtes possesseure. Je ne parlerai pas de la Gayane, où les mines sont inexploitées; mais dans l'extrême Orient, au Cambodge, il existe des mines excessive- ment riches. Sur cette carte, on aurait pu in- diquer les mines d'or du Cambodge: on pour- rait les exploiter. En prenant le Tonkin uni- quement pour ses mines, vous vous engageriez dans une aventura doat les avantages ne com. penseraient pas les inconvénients.

Mais enfin, messieurs, on dit qu'il n'y a pas Chambre qui, avec raison, se préoccupe des d'hésitation possible, et on veut rassurer la finances de la France, sur l'importance des dépenses.

Le Gouvernement le comprend; il nous do mande de débourser 5 millions seulement, et il ajoute aussitôt : Le pays où nous voulons aller pourra largement compenser les dépenses que nous aurons à faire. Le Tonkin fournit 18 millions d'impôts que l'on pourrait sans trop faire crier le contribuable, porter à 30 mil- lions.

M. le rapporteur a été plus loin; il a parlé de sieurs, notez ceci : grosses pépites d'or.

80 à 100 millions. Prenons le chiffre de 30 M. le comte de Douville-Maillefen. Dansnistre de la marine a donné à la commis- millions, c'est celui, je crois, que M. le mi-

une région inexpiorée! (On rit.)

M. George Perin. Grosses pépites d'or! Ceci rappelle tout à fait l'Eldorado de Vo'taire,pédition proprement dite, 5 millions pour les où il n'y avait qu'à se baisser pour ramasser des cailloux qui étaient des diamants et de la terre qui était de For.

Voilà donc un pays extrêmement riche en mines, et je comprends qu'on veuille les exploiter.

A cet égard, je voudrais faire une seule ob- servation. On a regrette, - le Gouvernement a pu le voir et le lire dans divers jouruaux, que des promesses de concessions aient déjà été faites. (Mouvements divers.) Je crois, moi aussi, que cela est regrettable.

M. Jules Forry, président du conseil. Quelles promesses? Qui a fait des promesses? M. Georges Perin. Je dis que ce bruit

a couru...

M. le président du consell. On a dit une chose qui n'est pas exacte; cela arrive souvent du reste.

M. Georges Perin. Je suis heureux, et c'est un peu pour cela que j'ai soulevé la ques- tion, de vous avoir fourni, monsieur le prési- dent du conseil, l'occasion de déclarer qu'on n'avait fait aucune promesse de cette nature, Cependant, je rappellerai qu'an jour ici, à cette tribune, M. Pamiral Jaurégulberry...

M. le président du conseil. Oui, à pro- pos de M. Dupuis.

M. Georges Perin.... à propos de l'in- demnité à accorder à M. Dupuis, avait dit : Plus tard on pourra lui donner certaines concessions an Tonkin. »

Je souhaite qu'on indemnise M. Dupuis qui, probablement, a droit à une indemnité.

Un membre au centre. La Chambre l'a jugé. M. Georges Perin. Mais j'ai regretté que, noncée à la tribone. Je crois qu'il ne doit pas ce jour-là, une parole semblable ait été pro-

y avoir de promesses faites à l'avance. Si nõus prenons le Tonkin, où l'on trouve des pétites

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sion. Et l'on dit: Ces 30 millions suffiront à toutes les dépenses: 10 millions pour l'ex-

menns frais; on donnera 5 ou 10 millions au pauvre Tu-Dac qai, ainsi, ne sera pas trop pauvre. A ce prix, dit-on, nous posséderons le pays.

Eh bien, franchement, quand on nous pro pose d'aller nous établir dans un pays et qu'on bous dit, en mettant tout au mieux, que co pays payera tous les frais de la guerre, on nous demande tout simplement de mettre la population tonkinoise en régie. Voilà, je crois, comment les choses doivent s'appeler.

Je crois, moi, que nous avons mieur à faire. J'estime que nous devons développer par d'autres moyens notre prospérité coloniale et je voudrais l'asseoir sur une autre base. (Très bien ! très bien !)

Quelques membres. Laquelle ? Quel est votre système ?

M. Georges Perin. On me dit : Quel est votre système? Je vais vons le dire dans un instant

Aujourd'hui la question est posée nette. mant. Il n'est plus permis de croire qu'on s'établira au Tonkin avec une compagnie, comme cela a été dit.

Si nous prenons le Tonkin, Phonorable M. Blancsabé pourra réclamer une grande part de gloire. Il est de ceux qui ont le plus poussé le pays vers cette entreprise, et qui ont le plus contribué à y entrainer Popinion publique. Voici ce qu'il a dit le 30 mars 1881, devant la société académique Indo-Chinoise. (M. Blanc- subs fait un sigće de dénégation.)

mique Indo-Chinoise que je trouve la comple reada de cette conférence. Si ce n'est pas à cotte société que vous l'avez faite, c'est peut- être au boulevard des Capacines.

C'est dans le Bulletin de la société acadé

M. le rapporteur. A quelle époque ? M. Georges Perin. Le 30 mars 1881. Voici ce que vous avez dit :

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